Nos mères antillaises ne mangent pas forcément d’accras ! En revanche…

Je sais que beaucoup d’entre vous pensent encore que ma mère s’appelle Magdalenka Ovitch et qu’elle a grandi au Kremlin (de Moscou pas Kremlin Bicêtre. Bien qu’elle a peut être des actions là-bas.. vers l’hôpital) mais mes ancêtres n’étant ni Russes ni Polonais.. ma mère a un prénom qui sonne plutôt du genre Marie- Lubert ou Paul-Élise. Je préfère  d’ailleurs taire sa véritable identité au cas où un malade mental déciderait de frapper à sa porte, genre sur un malentendu. Parce que bon dans le tiékar il y en a tellement peu qui portent le même prénom que la pauvre serait bien trop facile à géolocaliser. Entre les Marie-Alphonse et compagnie, nos chères mères antillaises aimaient se faire passer pour d’autres. Attends j’explique un peu, toi aussi !

Je ne sais pas si elles aimaient s’inventer des vies mais elles aimaient en tout cas se faire appeler Sylviane, Mirelle (han-han j’ai pas dit Mireille j’ai dit Mi-rèl), Yolande, ou Yvelise etc.. Leurs proches et les autres les interpelaient soit par leur deuxième prénom ou utilisaient tout simplement des noms d’emprunt. Tout simplement il parait. C’est quel genre de simplicité ça? Va comprendre la logique de nos grands-mères, pourquoi m’avoir baptisée Eugénie si c’est pour m’appeler Lisette toute ma vie? Sans doute pour brouiller les pistes. Des fois que j’aurais envie d’assassiner quelqu’un dans un bois, genre ni vu ni connu.
Un passant -“Égéni?  Hèè Égéni, Toune toi là. (un “R” volontairement oublié) Égéni ou pa-a tann’ lè an ka kriyéy-là?  Tchuipe. Égéni, kouk**ne a m*nm*nw. Sa ka fè dyèz é sa pa mèm ni fess. Sa kon fèy papyé là ..”
Traduction: “Eugénie? Heyy Eugénie, tourne toi là (le verbe se retourner aurait été trop facile à comprendre). Eugénie, t’entends pas quand on t’appelle? Eugénie va te faire en-lé-Q. “Ça” n’a même pas de seuf et en plus ça se la pète (J’ai bien dit “ça”, au bout d’un moment quand on est tellement saoulé on oublie que les gens sont des gens, on les associent à des choses parfois). Et Attention l’insulte suprême : espèce de feuille “de” papier.. <_<“
Eugénie quant à elle répond -“Han-han Eugénie c’est pas moi han. On m’appelle Lisette”
Le passant- “Anw, ou ka touné a prézan ? É Ki moun ki “on” . Lizèt’ ou Égéni sé mèm bitin. Ou pani fess, ou pani fess mon vieux. (Traduction plus-que-littérale= nan mais allô, t’es une fille et t’as pas de fesses)”
Égéni et son déni de prénom… Et puis bon, quel tact venant de mes compas-triotes! De Eugénie à Lisette euh.. Il y a quand même un monde. Je ne comprends pas, les deux n’ont pourtant aucun rapport. Il paraitrait même qu’à l’époque cette pratique était souvent employée <_< Genre dans les écoles il y avait tellement d’Evelyne, de Jean-Luc ou de Raphaëlle (c’est-à-dire aucune originalité)  qu’au lieu de les appeler Evelyne 1, Evelyne 2, Raphaëlle 4 etc.. On préférait les appeler par des petits sobriquets, des petit noms moches à coucher dehors. Des trucs du style Paulette, Kami, Micheline ou Titè. Ah ouais? Hum okéé.. J’aurais préféré qu’on m’appelle par mon nom de famille quand même (pour ceux qui le connaissent, j’ai quand même la classe à la Dallas) parce que les Titè, Zòtèy, Ticoca, ou Coubè ça craint. Surtout quand tu sais que Titè qui vient très probablement du nom de famille Titaire. (‘Tsé nous les Antillais et les accents hein..”) ça veut dire petite-terre en fait donc ça prend tout son sens quand tu connais l’histoire.
Mise en situation:
Monsieur Titaire s’en va à la préfecture pour déclarer un petit lopin de terre qu’il a reçu en héritage. Mon gars, qu’est-ce-que tu fais à la pref déjà quoi !! Donc un lopin de terre qui se trouve derrière la mairie.. Où ça tu as dit?  Ah! “Derrière la mairie”. Oui, derrière la mairie. Parce que bon les adresses on connait pas trop chez nous, c’est toujours “derrière la mairie” qui en fait se situe souvent devant la mairie d’ailleurs ou alors c’est “près d’un morne” (le morne Grospain, le morne Zaboka, le morne Mangofil) ou sinon c’est “près de la boutique”; “près du “libre-service” ou à la mercerie c’est au choix à vrai dire. Dans les yeux de certains le mot boutique est égal à mercerie et est aussi égal à libre-service. Les avenues Charles de Gaulle et autres boulevards de la Villette? Naaaaan. On a laissé ça aux Métropolitains, nous on aime les choses simples. Donc Monsieur Titaire déclare que ce petit morceau de terre lui a été cédé, il en a bien évidemment hérité à la mort de sa marraine Madame Thérésine. Une marraine qu’il n’a jamais connue, qui a toujours été un peu près de ses sous mais néanmoins dans la limite du généreux avec son filleul.  Madame Thérésine a signé un papier à la mairie pour officialiser le truc quand même. Elle a porté l’enfant Titè au baptême voyons et a signé d’une croix en bas de la page.  Bon malgré ça, ils ne se sont jamais réellement parlé. Surtout lorsque la pauvre mère de Titè a rendu l’âme quelques années après la naissance de son petit dernier qu’on appelait Hillaire. (Progressivement de Hillaire c’est devenu Hilè. Par la suite.. Tout’ moun té ka kriyéy Hilèd.  I lèd = il est laid, moche #miskine). Il a bien fallu que Titè soit pris en charge. Madame Thérésine en bonne marraine avait tenté de prendre le relais et de représenter la pauvre dame décédée… Euh.. Attends, Madame Thérésine? Han-han, comprenez là Adoufline de son vrai “prénom” puisque personne n’a jamais su son nom de famille. Bref, Monsieur Titaire n’étant ni une flèche ni une lumière non plus aurait eu quelques difficultés de compréhension  quant au sujet de la conversation officielle à la préfecture. A-LA-PREFECTUW !!
 Elle- “Pouvez vous épelez votre nom s’il vous plait?”
Lui- “Man nom?”
Elle- “Oui Monsieur.. et bien votre identité..”
Titè – “Ah! Man nom et man identsité c’est Titè”
La dame- “Nom de famille?”
Titè – “Je t’ai dit c’est Titè Madame”.
La dame – “De la famille Titaire je présume?”
Titè – “Oui c’est ça même Madame, man nom c’est ti-tè! Alors tu écris ti-tè!”
Elle -“Très bien Monsieur et c’est à quel sujet? .. “
Elle écrit donc dans le dossier Nom: Titaire, Prénom: inconnu etc..
Titè – “Le sujet c’est queu ma marraine Thérésine est mort l’autre jour là. Tu compwends.. Elle a laissé un “titè” pouw moi là. Et comment dire? Je vais habiter là-bas. Clotè, l’autre mako-là (mako = masculin de makrelle), i dit queuu faut faiw les papiers alors je fais les papiers.”
Elle – “Votre marraine vous a laissé quoi au juste?”
Titè – “Un titè, Madame. Un titè pouw moi. Tu connais pas le français toi?”
Elle- “Et votre nom c’est bien Titaire monsieur, c’est bien ça?”
Titè – “Je t’ai déja dit oui Madame. Elle a laissé un ti-terre pour Titè”
 Rires gras
 Elle- ” Monsieur, vous n’êtes malheureusement pas ici au bon endroit mais je vais tenter de vous aider quand même hein… ” (rires gras gras GRAS).
_FIN_   Et tout comme la lumière fut.. l’histoire de Titè était née !!
Vous m’direz Ticoca, ce n’est pas mieux. Ça désigne quelqu’un de petit en Guadeloupe, donc pas besoin d’expliquer qu’au sein de cette grande famille Ticoca on ne comptait aucun géant. On ne choisit pas sa famille. Si ton père c’est Ticoca, toi tu ne seras jamais quelqu’un. Tu ne seras jamais un individuel. Non, tu seras “le fils de Ticoca”, ne t’attend pas à ce qu’on appelle Nicolas ou Lucien alors que c’est écrit sur ton livret de famille. C’est “timoun a ticoca”. POINT. Cherche pas. Catalogué, toi et toute ta race de Ticoca. FIN. Après, il y aura sans doute des variantes comme Ticoco (petit zizi) ou Ticako (y’a une couleur chez nous qu’on appelle “kako”. Ce ticako là, faut faire gaffe parce que si on l’appelle comme ça c’est en rapport avec la couleur des petits cadeaux fumants que le petit avait pour habitude de laisser dans ses couches.) Quant au nom Zòtèy looool, ça veut dire orteil en créole. Pour la petite anecdote, mes “gars” du bled adorent se foutre de la gueule de tout le monde et aiment mettre tout monde dans le même sac à bric-à-brac. Le surnom Zòtèy avait néanmoins été particulièrement bien choisi. Il a fallu qu’un abruti se rende compte, par je ne sais quel miracle, que tous les membres de cette même famille (sans doute de la famille Hourtelle.. Hourtelle/Zoutel/Zòtey ça passe crème nan?) avait les orteils tellement longs qu’ils dépassaient toujours de leurs sandales ! A l’époque, il faut dire qu’ils n’y allaient pas de mains mortes avec les anecdotes. Tout avait une explication. Et toi, né tout seul avec tes orteils normaux, tu représentais toute ta famille et leur fardeau. Bien l’bonjour Monsieur Zòtèy, mes salutations Madame Zòtèy.. Et ils avaient intérêt à répondre, sinon honte sur toi, ta famille, ta maison et la Place de la victoire!! Bon, je vais faire l’impasse sur l’histoire de Coubè.. J’crois que vous n’êtes pas prêts à entendre ça. LOL
On top of that, nos mères chéries aiment aussi s’auto- proclamer médecins sans frontières. Et à juste titre.. C’est bien connu que les noirs aiment faire dans le social, le personnel aide soignant etc.. Nous sommes naturellement plus aimants, plus attentifs, et aux petits soins. (Oui, tu as bien lu. C’est pas Camille Delavaux qui va essuyer ta bave du coin de bouche sur ton lit de mort ou soigner tes escarres de fesses.. on est bien d’accord.. La merde nous on l’essuie sans rechigner même si on a un Doctorat de médecine, de droit ou d’ché pas quoi.) Ce n’est pas un stéréotype wesh, c’est comme la légende des noirs et des gros zizis, il y a des choses qui sont indiscutables et malheureusement indéniables. Nous sommes socialement capables de faire ce que les autres n’aiment pas faire… Bref. En revanche, quand tu écoutes nos daronnes parler elle connaissent tout sur tout. Moi, ma mère est médecin généraliste. POUR SUR! A chacun sa spécialité t’as-U. Si la tienne possède un défibrillateur chez elle, prends la fuite. Elle est un peu cardiologue à ses heures et peut vouloir se servir de toi comme cobaye, juste pour voir combien de temps tu réussis à mourir et combien de temps tu mets pour ressusciter. Ma mère, elle, son p’ti truc c’est les mots savants super bien placés d’après elle. “Oui.. Tu teu souviens machin là.. Il se fait opéwer par le même medeucin que moi. Il a des polypes” .. Alors que la dame ne sait même pas si “polypes” c’est le nom d’un crustacé ou le nom d’un os du cou (lool). D’ailleurs elle n’ose pas avouer qu’elle est un peu à coté de la plaque. Enfin pas tout le temps. Lol. C’est quoi des polypes d’abord Mam? C’est quoi les symptômes? Est-ce-que ça se transmet du chien à l’homme ou ..? Ma daronne, comme a un peu taffé dans un cirque à l’époque, elle aime bien répondre par des pirouettes de haut vol. “Ah toi tu sais pas les polypes? Et ouiiiii (j’insiste sur les i, si tu lis et que tu es antillais tu sais comment ponctuer les “et ouiiii”) Bref, et ouiii rappelle toi Tonton Libè, tu te souviens l’autre fois là, je “quoi” que c’était en 97.. En 1997, c’est ça même. C’est l’année ou on étaient pawti en (congés) bonifié. Tonton Libè il avait mal-mal-mal tout l’temps-tout l’temps”. Je précise au passage que les “l’autre fois” ou “l’autre jour” ça peut être avant-hier, aujourd’hui, des fois même c’est en 1946, et donc oui en effet dans le récit de ma matère,  c’était l’autre fois en 1997. Nan mais Loool maman quoi, Docteur Quinn femme médecin!  Et puis les mots répétés plusieurs fois à la suite donne toujours un peu plus de cachet à leurs histoires. Sauf que moi en 97, je n’avais que 15 ans et je ne m’en souviens absolument pas-pas-pas. J’étais trop occupée à donner des RDV secrets à des garçons derrière le terrain de basket quand j’étais en vacances aux Antilles. Timoun Gozyé kon mwen té ka ba lari chènn’. Et les anecdotes continuent.. “Han-han Philippe a des endromorphosiques. Hum hum c’est pas bon han ça. Faut weutirer ça une fois même.. parce que j’aime autant te dire queuhhh.. -suspens- (“J’aime autant te dire” qu’on laisse en suspens c’est l’une des phrases préférées de ma matère)… Naaaaan mais n’impoooorte quoooiiiii.  Et les posologies à deux balles quand j’ai mal au ventre, à la tête, ou à l’orteil. “T’as pas du smecta chez toi?” Ta mère la pharmacienne, on dirait que dans sa tête sont rangés les médicaments par ordre alphabétique. Des fois elle te donne des composants même. “Tu n’sais pas encore que si tu prends un anti- inflammatoiw faut prendre un pansement gastrique? Le Propylène glycol qui est dedans va te bouffer le foie, ça irrite ça, (ça bouffe le foie? ou l’estomac plutôt Mam, nan?).  Le Propylène glycol “i” mettent ça pawtout- pawtout maintenant, même dans l’oropivalone comme y’a de la vitamine C dedans. Y’a même ça dans tes plats tout preparés degueulasses là? Moi: “Ah bon, moi qui pensait que tu adorais mes surgelés Picard comme les aiguillettes de canard marinées à la forestière. Mais sinon y’a du Propylé-truc dans le quoi t’as dit Mam? Je pense que j’ai de la fièvre d’façon”. La Mère Supérieure: “Et Aspégic tu as pas non plus? Je vous donnais ça à ton frère et ta sœur avec un ti peu d’coca. Ça faisait baisser la fièv’ et faisait passer les coliques en même temps ”… “Et puis tes douleuw intercostales là, jeu suis suw tu es angoissée avec ton histoire de travail-là”.  Il faut te purger. Me quoi? Me purger? Quand ça va pas au taf on fait une purge quoi. Krkrkr.  Si toi tu ne sais pas ce qu’est une purge. Passe chez ma daronne. Et puis elle aura sans doute envie de te faire prendre un “bain”.. Un laboratoire caché au fond de la maison qui ressemble de loin à un bar bien garni avec des bouteilles venues du monde entier. Mais dans les anciennes bouteilles de rhum (certaines, pas toutes hein. On boit aussi un peu quand même) celles sans étiquettes tu verras du romarin, de l’anis  étoilé, du laurier, du bois-d’inde, de sacrés bouquet-garnis emmaillotés et trempés, du caca-bougie (caca-bougie = de la cire de bougie quoi.. Comme nous n’avons pas inventé la poudre.. Vous pouvez constater qu’on a pas inventé le mot “cire” non plus) des trucs chelous en mode plantes grimpantes plongées dans du rhum ambré comme on fait macérer des couilles de chameau dans du formol. Je ne connais aucune recette personnellement. Personne ne sait réellement ce que c’est d’ailleurs. Aujourd’hui ça s’appelle de l’homéopathie je crois, de la magie noire ou de la sorcellerie. Ah ah chez moi on dit  “bain” ou “remède”.. Quand j’ai des gaz, que j’ai mal au dos ou alors j’ai la fièvre. Chez la matère direct! Ou quand je ne peux pas je l’appelle pour lui décrire la couleur de mes urines et/ou de mes selles. Faut que je sois prête par contre: une paire de ciseaux, un vieux chewing-gum  mâché, quelques épingles à cheveux rouillées, de la Bétadine… Et hop! A l’autre bout du fil la dame m’a fait concocter un anti- constipation sur le pouce.  Un remède maison et c’est fini,  je pète toute la nuit je me sens bien moins ballonnée. Consultation gratuite! Les soeurs Halliwell n’ont qu’à bien se tenir. (I am the son, I am the heir… I am human and I need to be loved.. Charmed une grande époque.)
Et puis, pour couronner le tout, nos mères sont pédiatres/ kinés un peu sur les bords nan? Tout ce qu’on a pu te dire sur la manière de “soulager” ton nouveau né. lorsqu’il est un peu malade ou un peu grognon. Bah tu as tout faux!  Ta mère elle SAIT !! Et elle fait tout pour toi et à la place du médecin. Le petit a de la fièvre? Un bain d’eau froide (glacée comme un sinobol). Le parabène c’est pas bon? Ah bon? elle te dit ta mère.. “Ouais c’est ça. Ton frère, ta soeur et toi avez été élevés au parabène. Vous êtes des bébés parabènes. Hé bin. Ka sa ké fèw? Et est-ce-que toi tu es mow?”. Le petit est constipé? Massage presque cardiaque pour faire “descendre” les selles. Il a attrapé un vilain rhume et a le nez encombré? Ta mère sait comment le moucher et est même prête à lui souffler dans les fesses comme on souffle dans une trompette.. Et puis pas besoin de coupe-ongles pour enfant là, les tout-petit-mini trucs. Elle prend le sien qui est aussi gros qu’un couteau de boucher. C’est le même avec lequel elle coupe ses griffes de poulet des pieds aussi. Avec ça, elle a plus de précision. Plus de précision? Euh.. Mam! Jamais tu t’arrêtes? “Ça va wien lui faire.. C’est pas une ptite bête qui fera du mal à une gwosse”. La daronne? Une fan d’expressions et de proverbes en tous genre aussi. Le tout, sorti tout droit de son imagination. Bon, sinon  elle est aussi super bonne en remix. La dame a plusieurs casquettes quand même, de pharmacienne en passant par médecin traitant on va direct à la case profession loisir: DJ!!
Le “C’est l’hôpital qui se fout de la charité” devient “faut pas se foutre de la charité” dans n’importe quelle conversation. Dans “L’espoir fait vivre”, souvent elle ajoute “…. c’est le désespoir qui tue…” mais souvent au lieu de tout dire: “l’espoir fait vivre, c’est le désespoir qui tue”, elle balance “Ah oui le désespoiw tue ma fille”. LoooL. “Il ne faut pas blâmer une contrariété”, j’ai mis pas mal de temps à comprendre la phrase et maintenant c’est moi qui répète ça à tout le monde :O. Rhaaaa signe de vieillesse intellectuelle. Je me souviens comment, avant, je riais comme une pintade quand j’entendais les daronnes dirent des phrases cheloues comme “Je ne suis pas née de la dernière pluie” (la mienne se trompe souvent avec la dernière lune!). J’en ris encore d’ailleurs, surtout pour la dernière lune. Ma mère je l’adore, elle est extraordinaire. Je suis sa première fan. Bon après il y a mon père, mon héros, qui tous les quatre matins me demandent ce que les mots “swagg” ou “soin” veulent dire pour les balancer à mes ami(es) sur facebook. Je dois avoir près de 350 amis (mytho), et devinez combien on en a en commun lui et moi? Oui c’est ça: 349! “C’est quoi le Swagg encow tu as dit chérie?” .. “Poo Gladys, tu as le swagg” sur toutes les photos d’elle en soirée. “Tu es soin mon gamin” à mes copains. J’en peux up d’eux deux lol! Je veux devenir comme eux quand ch’rai grande. Femmes antillaises for life !
Elles sont irremplaçables ces dames quand même. Reines du système D. Elles rafistolent tout. N’élève surtout pas la voix quand tu vois des trous dans tes jeans (qu’elle a acheté), ne la vexe pas. Avec, elle en a sans doute fait des rideaux,  une passoire pour essorer sa salade ou un filtre à café réutilisable. Elles collent, décollent, recollent et découpent. Font des nappes de jardin avec d’anciens draps délavés et y ajoutent de la broderie anglaise pour faire joli. Le goût de la rafistole ne se transmet pas pour autant de mère en fille hein. Moi j’ai une Senséo chez moi et je vais à Ikéa pour racheter mes draps Ullnüt ou Sömnig  parce que j’ai pas de jardin d’abord. Mais j’adore tailler ma daronne quand je vois les chef-d’œuvres qu’elle entreprend.  Et puis toi “tu n’as jamais connu la misèw” dit- elle, nous avec des allimettes (encore une lettre bien placée volontairement. u et i c’est pareil), avec des allimettes nous on en faisait des bateaux. Lol. LA DAME A DIT : “AVEC DES ALLIMETTES, NOUS ON EN FAISAIT  DES BATEAUX”. Loool. Bah fallait en construire un peu plus alors Mam comme ça on auraient peut être pris la fuite et on seraient rentrés chez nous en Afrique ! Tu crois pas Mam?
❤️ Je t’aime maman, tu es la meilleure de toutes mes mamans ❤️